Conseiller en gestion de patrimoine indépendant (CGPI) : honoraires ou rétrocommissions
Conseiller en gestion de patrimoine indépendant (CGPI), notaire, expert-comptable, avocat. Dans les métiers du droit et du chiffre, la question de l’indépendance est de plus en plus au cœur du sujet. Et c’est parfaitement logique. La rémunération, c’est la mécanique invisible qui peut faire pencher une recommandation (parfois sans même que le professionnel s’en rende compte). Ce réflexe ne concerne pas uniquement la gestion de patrimoine. Vous le retrouvez dès qu’un expert vous guide dans une décision importante. Assurance, immobilier, crédit, travaux, santé, automobile, énergie, recrutement, etc. À partir du moment où une commission existe (ou une prime liée à un produit), un risque de biais apparaît. Bref, avant de comparer des noms, des promesses ou des avis, il faut comprendre une chose très concrète : un CGPI, ça veut dire quoi exactement ? Et surtout comment le vérifier, dans la vraie vie, avec des critères simples. 1. Conseiller en gestion de patrimoine indépendant, de quoi parle-t-on vraiment ? Quand vous tapez conseiller en gestion de patrimoine indépendant sur Google, vous cherchez surtout une promesse. L’idée qu’en face la personne sera libre de vous dire ce qui est bon pour vous. Sauf que le mot indépendant est un faux ami. Il peut recouvrir deux réalités très différentes. Deux indépendances à ne pas confondre CGPI : une indépendance au sens capitalistique Dans beaucoup de cas, un CGPI signifie simplement que le conseiller n’est pas salarié d’une banque. Il a sa structure, son cabinet, parfois une belle vitrine en ligne. Il peut travailler avec plusieurs assureurs, plusieurs sociétés de gestion, plusieurs partenaires. On parle souvent d’architecture ouverte. Et oui, c’est déjà mieux qu’un conseiller cantonné aux produits d’une banque. Mais ça ne répond pas à la question qui compte vraiment. CGPI : est-ce que le conseil est indépendant, ou seulement le cabinet ? Un conseiller en gestion de patrimoine peut être indépendant d’une banque et pourtant être rémunéré par des partenaires via des rétrocommissions (qui sont les véritables clients). En clair, une partie des frais que vous payez sur les produits recommandés revient au conseiller. Et dès qu’il y a un deuxième payeur, même invisible, il existe un risque de biais. Pas forcément de la malhonnêteté. Plutôt une mécanique qui pousse doucement dans une direction. Le CGPI au conseil indépendant de son côté est uniquement rémunéré par son seul et vrai client (et non les partenaires). Les trois grandes familles qu’on retrouve sur le marché 1. Le conseiller en banque ou en assurance Ici, le conseiller est adossé à un établissement. Le conseil est souvent indissociable de la vente de produits internes. La rémunération vient des frais et des commissions. 2. Le cabinet indépendant, mais rémunéré en rétrocommissions Plus de 90 % des conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) ne sont pas indépendants au niveau de la rémunération ! Le cabinet est indépendant juridiquement, mais la rémunération dépend des produits placés. 3. Le conseil indépendant au sens strict Moins de 10 % seulement des CGPI sont réellement indépendants au niveau de la rémunération (le conseil est payé par vous, en honoraires). C’est le cas notamment de Prosper Conseil (voir l’offre). Si vous voulez vérifier sans vous noyer dans le jargon, demandez leur grille d’honoraires et leur document d’entrée en relation (DER). Et s’ils perçoivent malgré tout un avantage lié à un produit, ils doivent le reverser au client. Ils ne gagnent pas plus si vous choisissez tel contrat plutôt qu’un autre, tel fonds plutôt qu’un autre. L’intérêt est aligné. Demander le statut de son conseiller en gestion de patrimoine indépendant Deux vérifications rapides vous évitent bien des malentendus : L’indépendance qui compte vraiment n’est pas celle du logo sur la carte de visite. C’est celle de la rémunération, parce que c’est elle qui pilote vraiment la mécanique du conseil dans les coulisses. 2. Honoraires vs rétrocommissions du CGPI : exemple concret Exemple concret d’un conseil dit gratuit avec rétrocommissions Camille, 45 ans, vit à Bordeaux avec son conjoint et deux enfants. Elle vient de recevoir un héritage de 420 000 euros et veut faire les choses proprement, sans passer ses soirées à comparer des contrats. Elle trouve un conseiller en gestion de patrimoine indépendant en ligne qui fait partie d’un réseau. Accueil impeccable, rendez-vous fluide, vocabulaire rassurant. On lui présente un contrat d’assurance vie premium accessible à partir de 120 000 euros, avec une gestion pilotée adaptée à son profil dynamique. Camille verse 250 000 euros. Quelques semaines plus tard, elle se connecte et voit une valorisation à 242 500 euros. Petite sueur froide. Ce n’est pas la bourse, c’est plus simple. Il y a eu des frais d’entrée de 3,0 %, soit 7 500 euros, prélevés dès le départ. Ensuite viennent les frais qui grignotent en silence chaque année : Au total, on tourne autour de 3,1 % par an. Rien d’illégal, rien d’exotique. Juste une réalité. Le conseil est affiché comme gratuit, mais il est payé via la mécanique des frais et des rétrocommissions. Ce qui pique, ce n’est pas seulement le montant des frais. C’est le coût d’opportunité sur la durée. Une différence de 1,5 à 2 points de performance nette par an, sur 10 ou 15 ans, ça finit par causer une perte invisible de plusieurs dizaines de milliers d’euros pour Camille. Exemple concret d’un conseil indépendant rémunéré en honoraires Même situation, même Camille, même héritage. Cette fois, elle choisit un conseiller en gestion de patrimoine indépendant qui facture le conseil en toute transparence. Elle paye par exemple : Côté placements, l’idée est de trouver les frais les plus compétitifs : Au global, on peut se retrouver autour de 1,4 à 1,6 % par an tout compris, au lieu de plus de 3 %. Et là, la logique change puisque le conseiller est payé parce qu’il conseille, pas parce qu’un produit est choisi plutôt qu’un autre. Comparaison simplifiée sur les frais Poste Modèle rétrocommissions Modèle honoraires Frais d’entrée 3,0 % 0 % Frais annuels tout compris 3,1 % 1,5 % Ce que vous payez intégré dans










